23 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mise au point d’Ibrahim chehem Daoud sur le Dialogue politique national

Le président de l’Union des Partisans de la Réforme Monsieur Ibrahim Chehem Daoud revient sur le dialogue politique national entre UMP et USN. En tant que témoin privilégié de ce dialogue, Monsieur Ibrahim Chehem nous livre ses points de vues. 

 

 

JOURNAL LE MILITANT : Monsieur le président de l’UPR, vous faites partie des membres de la délégation UMP qui est engagée dans un dialogue politique national avec les partis politiques de l’opposition USN. Pouvez-vous nous rappeler l’historique de cette démarche qui a mis fin à une période post-électorale qui fut mouvementée ?

IBRAHIM CHEHEM DAOUD : En effet, après les élections législatives de février 2013, notre pays a été secoué par une série de tentatives de déstabilisations de l’ordre républicain qui, ensuite avait perturbé la scène politique. Tout le monde était d’accord que cette situation ne pouvait plus durer, nous savions que la République de Djibouti est reconnue comme un havre de paix et un modèle de stabilité politique et qu’il fallait donc à tout prix préserver cette notoriété internationale.

En homme de paix et de consensus, le président de la république Monsieur Ismail Omar Guelleh a été le premier à appeler au dialogue. Et c’est tout à son honneur car en nous indiquant cette voie de la sagesse et du dialogue, le chef de l’Etat aura pleinement rempli ses prérogatives présidentielles en vertu de la constitution, c’est bien lui qui incarne l’unité nationale et qui assure la continuité de l’Etat.

Je profite de cette tribune pour rendre un vibrant hommage au président pour sa clairvoyance politique et ses idéaux de paix. Cela nous  prouve une fois de plus l’attachement du président Guelleh pour les principes de dialogue et de consensus.

Par ailleurs, il convient également de féliciter l’ensemble des partis politiques, et plus particulièrement les dirigeants de quatre partis de l’opposition USN, pour cette belle leçon de patriotisme et leur sens aigu de l’intérêt nationale.

JOURNAL LE MILITANT : Mais en fait, de quoi s’agit réellement? Est-ce une négociation ou un dialogue ?

ICD : C’est vrai que la confusion existe sur la nature même du processus, surtout sur les réseaux sociaux virtuels. C’est pourquoi j’estime qu’une mise au point s’impose !

En réalité il s’agit là d’un dialogue politique national entre la coalition de l’UMP d’une part et celle de l’opposition USN d’autre part sur la thématique de la réforme institutionnelle pour l’avenir du pays. Les différents thèmes de réflexion retenus sur la réforme institutionnelle porteront essentiellement sur l’amélioration de la CENI, l’accélération de la décentralisation, la promotion de la liberté des medias, la conscientisation de la société civile etc.…

Ainsi, ces pourparlers engagent la totalité des formations politiques existantes à Djibouti parce que la création, l’action et les activités des partis politiques s’inscrivent dans le respect de la Constitution et des lois en vigueur en République de Djibouti. Pour mener à bien ces travaux de réflexion pour la patrie, nous avons mis nos différends et nos divergences politiques de côté pour nous concentrer uniquement sur nos convergences idéologiques démocratiques et la pérennisation de l’état de droit.

JOURNAL LE MILITANT : Monsieur le président, ayant participé aux premiers séances, quelles sont vos impressions générales à l’issu de cette première étape ?

ICD : Effectivement, nous venons de clore la première phase du dialogue conformément au calendrier préétabli dans une atmosphère cordiale et de respect mutuel. Il faut souligner que cette étape était cruciale parce que notre principale tâche consistait d’élaborer un agenda unique sur les différentes thématiques autour de la réforme institutionnelle.

Une fois que cette question centrale résolue, nous avons fixé des règles élémentaires et des codes de bonnes conduites puis nous avons examiné et passé en revue toutes questions des « préalables ».

Toutes ces mesures « préalables » ont été prises dans le but de garantir un climat propice de sérénité et de respect réciproque afin d’optimiser les conditions du succès du dialogue politique.

Aujourd’hui, c’est chose faite, les deux parties vont bénéficier de cette courte pause estivale de dix jours afin de se concerter en interne et se préparer à l’échéance solennelle de la phase finale.

JOURNAL LE MILITANT : Revenant sur ces séances préliminaires, en quoi consistaient les questions portant sur « les préalables » ?

ICD : Avant d’entamer l’agenda sur la réforme institutionnelle et d’entrer dans le vif du sujet, l’UMP et l’USN devaient d’abord écarter et dissiper, au préalable, les nœuds de discorde qui seraient apparus au cours de la période post-électorale. Toutes ces questions, nous les avons abordé une par une et en toute franchise.

A la question de la libération des détenus, l’UMP a déclaré qu’elle n’avait aucune compétence, ni habilitation en la matière car elle concerne le domaine de la justice et personne autour de la table ne l’était d’ailleurs. En vertu de la constitution, « le pouvoir judiciaire est indépendant »Tout cela relève de l’autorité des juridictions pénales et ne peuvent aucun cas entrer dans nos prérogatives politiques. Cependant, il existe bien une alternative consensuelle qui a été discutée en sachant que le Président de la république exerce le droit de grâce, et pourquoi l’UMP s’est dit prête à soutenir une demande faite au président pour solliciter sa grâce et sa clémence. Même si cette question n’affecte aucunement le dialogue en cours, je reste persuadé que la grâce présidentielle, si elle aura lieu, contribuera énormément à la résolution définitive de cette crise post-électorale.

Concernant la plainte des anciens présidents des communes déchus par leurs assemblées, l’UMP a estimé qu’elle n’était, en aucun cas, responsable de la décision  et ni des modalités de l’éviction des trois anciens responsables des communes de Balbala et de Boulaos par leurs propres pairs et ce conformément à la loi. Enfin, l’UMP a conseillé les plaignants de cette affaire de saisir en recours le tribunal administratif dans le respect des institutions républicaines.

Enfin, nous avons abordé la question de l’entrée des parlementaires élus de l’USN à l’assemblée nationale selon le verdict de la volonté populaire rendue par la cour constitutionnelle. A ce stade, il ne peut y avoir de contestation sur les décisions de la cour constitutionnelle qui « sont revêtues de l’autorité de la chose jugée. Elles ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ainsi qu’à toutes personnes physiques ou morales. » . C’est notre constitution qui nous l’édicte en son article 81.

Par ce dialogue, notre but commun est de faire avancer la démocratie et l’état de droit et non de dénigrer sur nos acquis et nos dogmes républicains. Sinon, c’est un non-sens. Je pense qu’il faut être clair là-dessus, l’intégration des dix parlementaires USN à l’Assemblée nationale est une condition sine qua none pour le succès de ce dialogue politique national.

 

President UPR

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